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Demain, plus encore qu’aujourd’hui, il faudra apprendre de façon continue

Berangere Chauvenet

Il y a 1 mois

Interview

Le cours Apprendre à apprendre aurait pu être le premier du catalogue de formations Coorpacademy, comme un professeur qui expliquerait en début d’année comment apprendre ses leçons et approfondir ses connaissances dans sa matière. Dans le cadre de la formation continue et professionnelle, la problématique s’ancre dans la réalité concrète de l’entreprise : comment faire en sorte que les formations que l’on suit ou que l’on fait suivre à ses équipes soient véritablement acquises et appliquées ? 

Une compétence est la capacité à mettre en œuvre ce que l’on a appris. 

Comment s’assurer que les cours ne soient pas seulement connus mais se transforment en compétence ? C’est finalement la question à laquelle le cours Apprendre à apprendre cherche à répondre. Il donne les clés à chacun pour se former efficacement, et mobiliser ses connaissances au bon moment : lors d’un projet particulier, ou pour un changement de poste, et de façon générale pour s’adapter beaucoup plus facilement à de nouvelles circonstances, quelles qu’elles soient.

Émilie Canet, directrice pédagogique chez Learn Assembly, co-auteur du cours Apprendre à Apprendre, et Thérèse Grandvoinnet, ingénieur pédagogique chez Coorpacademy avec qui elle a collaboré durant ce projet, nous précisent les objectifs de cette formation sur la formation.

En quoi Apprendre à apprendre vous semble un cours indispensable ? Apprendre à apprendre serait-il la compétence première ?

Emilie Canet (E.C.) De multiples études mettent en avant que de nombreux métiers de demain n’existent pas encore, que les carrières ne seront plus aussi linéaires et qu’un grand nombre de personnes sera amené à changer plusieurs fois de métiers. Dans ce contexte, il est primordial de savoir apprendre, de développer son agilité d’apprentissage. Car demain, plus encore qu’aujourd’hui, il faudra apprendre de façon continue.

Thérèse Grandvoinnet (T.G.) Apprendre représente un effort. Cela n’est pas si facile, et ce cours fournit une bonne méthode pour arriver à son but. D’autant qu’il explique bien que l’apprentissage ne se fait pas que dans les livres : il valorise l’apprentissage par l’expérience et avec les pairs. Apprendre est en effet une compétence à maîtriser. Et d’autant plus dans notre monde actuel où l’on est parfois submergé par les informations, tout autant que pas les canaux de diffusion de ces informations. 

Est-ce que vos entreprises avec lesquelles vous travaillez ont exprimé un besoin lié à cette compétence ?

E.C. De nombreuses entreprises se posent la question de devenir des organisations apprenantes, et de pouvoir offrir à leurs collaborateurs des environnements de travail, qui soient le plus apprenants possibles. La culture d’apprentissage dans une entreprise est d’ailleurs un levier pour garder les collaborateurs engagés. Ainsi, chez nos clients, la thématique apprendre à apprendre est souvent très présente dans leurs évènements learning (learning days, learning, week, etc.). Pour l’instant, il s’agit surtout d’actions de sensibilisation auprès des collaborateurs pour leur faire comprendre l’importance de cette compétence clé; une première étape pour proposer un environnement apprenant à ses collaborateurs.

T.G. Certaines entreprises pour lesquelles nous créons des cours ont pour objectif d’installer une culture de l’apprentissage, en tout cas de diffuser un état d’esprit de curiosité et d’agilité. Michelin organise par exemple tous les ans un événement global avec des conférences, des ateliers, pour cultiver les capacités de ses équipes à se transformer. Faurecia encourage l’engagement de ses apprenants sur sa plateforme de digital learning, afin que la formation fasse partie au maximum du quotidien. En effet, la compétence d’apprendre “activement” nourrit et rejoint celle de l’agilité, très recherchée par les organisations et leurs managers.

Apprendre à apprendre peut-il s’apparenter à une forme de développement personnel ?

E.C. Il est certain que développer son agilité d’apprentissage doit s’inscrire dans le temps, et nécessite de mettre en place de nouvelles pratiques et rituels dans son quotidien. Il s’agit de rester en veille sur les sujets sur lesquels on souhaite se développer, prendre régulièrement du recul sur nos expériences et nos pratiques pour ancrer des apprentissages. Il faut aussi être clair sur ses objectifs d’apprentissage, identifier les compétences que l’on souhaite développer, puis être capable de se créer un programme de développement de ses compétences, en optant pour les modalités les plus pertinentes. Et pour cela, il faut être convaincu de sa capacité à progresser : apprendre à apprendre nécessite d’adopter un réel état d’esprit de développement (ou growth mindset en anglais).

Apprendre est une démarche qui s’inscrit dans le temps et qui ne se fait pas seul.

T.G. Apprendre à apprendre peut tout à fait s’apparenter à une forme de développement personnel. En suivant la méthode fournie par ce cours, on va également se rendre compte de nos façons de retenir. D’autant que l’accent est bien mis sur la réflexivité. Savoir accepter ses erreurs, savoir prendre du recul, ce sont des atouts à titre personnel.

Que retenir selon vous de ce cours en priorité ?

E.C. L’objectif de ce cours est de comprendre qu’apprendre et développer ses compétences ne se limite pas à suivre des formations : les occasions d’apprentissage sont nombreuses dans notre quotidien (professionnel comme personnel) et mettre en place certaines pratiques permet de favoriser ces apprentissages. À chacun de trouver ensuite les pratiques qui lui sont propres pour développer au mieux son agilité d’apprentissage. 

T.G. S’il fallait retenir une chose, je dirais la méthode. Ce n’est pas facile d’apprendre et je trouve très bien de proposer une méthode pas à pas, de présenter les différentes étapes à suivre pour arriver à son ou ses objectifs. Je trouve aussi que l’accent mis sur l’acceptation de ces erreurs est très intéressant : au lieu d’en faire un point plombant, on en fait une force, un tremplin. Et c’est très bien car cela permet aussi de se donner plus confiance en soi.

Après avoir créé ce cours, avez-vous changé quelque chose dans votre façon de créer les cours ou de les suivre ?

E.C. Chez Learn Assembly, nous aimons concevoir nos parcours de manière à développer l’agilité d’apprentissage de nos apprenants. Ainsi, nous proposons des parcours avec plusieurs modalités d’apprentissage comme le social learning, nous encourageons la réflexivité et la prise de recul des apprenants. Enfin, nous tentons de relier les apprentissages aux situations professionnelles du quotidien pour assurer un bon transfert de l’apprentissage.

T.G. J’ai été conforté dans mon point de vue que le multitasking n’est pas une bonne approche. Et, ce, d’autant plus que je travaille aussi sur un autre cours qui insiste aussi sur ce point.

Votre conseil personnel pour intégrer la formation à votre quotidien ?

E.C. Comme pour toute formation que l’on suit de façon autonome, il est important de se construire un cadre qui va nous permettre de rester assidu, de se bloquer du temps pour cela, et de garder ces créneaux dédiés prioritaires dans son agenda. Vous pouvez aussi en profiter pour tester les bénéfices du social learning : identifier un collègue motivé par la formation et fixez-vous un RDV hebdomadaire autour d’un café (même virtuel) pour débriefer de ce que vous avez retenu, compris ou encore qui vous questionne.

T.G. Choisir le bon moment de la journée à consacrer à la formation et suivre son programme ! Premier cours du programme : Apprendre à apprendre, bien sûr.

 

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