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La Face B de… Jean-Marc Tassetto, co-fondateur de Coorpacademy, sur BFM Business

Rédaction Blog

Il y a 5 mois

Interview

 

BFM Business s’intéresse à la face B des chefs d’entreprises ou des entrepreneurs. Ceux qui font bouger les lignes. Qui sont-ils ? Qu’est-ce qui les inspire ? D’où vient cette envie de changer les choses ?

Mardi 26 février 2019, Jean-Marc Tassetto, co-fondateur de Coorpacademy et ancien directeur général de Google France, était l’invité After Business et interviewé présenté par Stéphanie Coleau, sur BFM Business.

Stéphanie Coleau : « Chaque soir, dans After Business, nous découvrons la Face B d’un chef d’entreprise, qu’est-ce qui lui donne envie d’entreprendre, qu’est-ce qui l’inspire et lui donne envie de changer les choses. Ce soir, je reçois Jean-Marc Tassetto, bonsoir !

Jean-Marc Tassetto : « Bonsoir. »

Stéphanie Coleau : « Alors vous êtes l’ancien patron de SFR, plus récemment de Google en France, et vous avez décidé il y a quelques années de cela de tout quitter pour créer votre propre startup qui s’appelle Coorpacademy, une startup de formation en ligne. Pourquoi ce changement ? C’est rare, un grand patron qui quitte tout pour une petite structure… »

Jean-Marc Tassetto : « Alors, tout quitter pour une petite structure mais pour un grand projet. Le grand projet, c’est la transformation de l’éducation ; en l’occurrence de la formation continue, de l’apprentissage, et c’est au fond participer à la révolution des compétences. Cette 4ème révolution industrielle qui transforme toutes les organisations, comme ici avec ce magnifique studio totalement numérisé et digitalisé par exemple,  impacte toutes les organisations mais aussi tous les individus qui ont à faire face à ces nouveaux enjeux, à cette nouvelle révolution des compétences. Donc j’ai eu envie avec mes deux associés, Arnauld Mitre et Frédérick Bénichou, de lancer un projet de plateforme digitale de formation. »

Stéphanie Coleau : « Mais comment on décide de quitter Google par exemple ? Qu’est-ce qu’il se passe dans votre tête à ce moment-là ? »

Jean-Marc Tassetto : « Beaucoup d’inconscience, beaucoup d’envie, des rencontres comme toujours et puis ce sentiment que, au fond, tout est congruent, tout converge. Le fils d’institutrice que je suis, l’ancien professeur, le manager confronté à des enjeux de médiocres compétences face à la compréhension de ce qu’il est en train de se passer, une rencontre en Californie avec un professeur de Stanford, Peter Norvig, qui me dit : « je viens de donner un cours à 165 000 étudiants, » donc la découverte des plateformes de formation massives en ligne, et des échanges avec Arnauld et Frédérick sur ce qu’on pourrait faire pour impacter, transformer la formation continue et l’apprentissage. C’est un peu tout au même moment, et ce sentiment qu’on a qui est : « il faut le faire. » Une pulsion. »

Stéphanie Coleau : « J’ai reçu il y a quelques jours Guillaume Poitrinal, l’ancien patron d’Unibail-Rodamco qui est parti pour créer Woodeum. Il m’a confié : « il y a un moment où je me suis dit que je n’apprends plus, que cela devient trop confortable, il n’y a plus de contradictions, il n’y a plus de défis. » C’est ce que vous avez ressenti ? »

Jean-Marc Tassetto : « Il y a effectivement cet appel de l’adrénaline, c’est-à-dire que dans les organisations, il y a un moment où on se dit qu’il y a trop de gens qui ont le pouvoir de dire non. Dans les grandes organisations, prendre une décision, ce sont souvent des cycles de 4 mois, 6 mois, il faut mettre beaucoup de personnes autour de la table. C’est un peu un tue-l’amour quand on a envie de bouger les lignes, d’être un intrapreneur ou un entrepreneur, et c’est vrai que quand on lance son projet, c’est l’adrénaline, voire même le premier jour, un petit mouvement de panique. Vous vous retrouvez chez vous face à votre ordinateur, le Powerpoint, le smartphone, et là, tout commence ! »

Stéphanie Coleau : « Comment s’est passée cette première journée ? »

Jean-Marc Tassetto : « Une panique. Cela ne m’était jamais arrivé. J’avais plus de 50 ans, j’avais deux associés qui accompagnent, qui sont extrêmement enthousiastes sur le projet, nous sommes très complémentaires. Et bien malgré cela le premier jour vous êtes seul, le deuxième jour vous goûtez à la liberté, et le troisième jour l’adrénaline est là et rien ne vous fera jamais revenir en arrière car vous abordez un vrai projet, avec des gens que vous appréciez qui vous portent. Et là tout est parti ! »

Stéphanie Coleau : « Et vous êtes le seul maître à bord ? »

Jean-Marc Tassetto : « Alors, le seul maître, avec des associés, avec des collaborateurs, avec des banquiers, avec des clients. Mais oui, il y a ce sentiment d’être un entrepreneur, c’est-à-dire d’avoir un niveau d’autonomie probablement plus élevé que celui que j’avais dans les grands groupes. »

Stéphanie Coleau : « Qu’est-ce qui vous a donné envie de lancer Coorpacademy ? Vous êtes fils d’institutrice, c’est un retour aux sources finalement ? »

Jean-Marc Tassetto : « Ce n’est pas tellement un retour aux sources, c’est une projection dans le futur. Cette quatrième révolution industrielle transforme les organisations, il faut repenser la formation. Il faut tout réinventer. Il faut réinventer une pédagogie, il faut réinventer des outils, il faut réinventer une expérience intégrée entre des contenus et des plateformes, il faut massifier, il faut déployer très rapidement, donc non c’est plutôt une projection vers l’avenir, et la certitude que, face à l’incertitude, la formation reste un des facteurs clés de l’évolution personnelle, de l’épanouissement, de l’employabilité. Donc c’était plutôt la volonté d’avoir un projet impactant. »

Stéphanie Coleau : « Et c’est la rencontre avec un professeur de Stanford qui a déclenché cette envie ? »

Jean-Marc Tassetto : « C’est un facteur déclencheur qui m’a fait me dire que c’était possible. C’est surtout la rencontre avec Arnauld et Frédérick. Nous nous sommes vus dans un petit bureau en janvier 2013 en se disant : « est-ce qu’on saute le pas ? » Frédérick est un serial-entrepreneur du web, Arnauld travaillait avec moi chez Google, et nous nous sommes dit que si nous sautions le pas, c’était pour faire quelque chose d’ambitieux. Et ça aussi, c’est un peu la patine Google, les fameux Moon shots, les fameux Big Bets, les grands paris, si on fait des choses, autant que ce soient des choses ambitieuses, qui ont de l’impact. Puis on a décidé de partir ensemble ; et depuis 6 ans, je crois que nous ne le regrettons à aucun moment. »

Stéphanie Coleau : « Vous en êtes où aujourd’hui, Coorpacademy, qu’est-ce que cela représente aujourd’hui ? »

Jean-Marc Tassetto : « Coorpacademy, c’est plus de 800 000 apprenants, dont 40% hors Europe, c’est 71 collaborateurs, nous sommes très fiers de la qualité de notre équipe, de ces jeunes collaborateurs qui ont décidé de participer, très exigeants, qui veulent du sens à leurs projets professionnels, qui ont décidé de participer à l’aventure avec nous. C’est aussi plus de 40 partenaires éditeurs, plus de 1000 cours sur la plateforme, un leadership européen dans l’entreprise qui est notre terrain de jeu, et tout cela nourrit encore plus d’ambition pour l’avenir. »

Stéphanie Coleau : « Justement, votre ambition aujourd’hui ? Vous êtes passé par les grands groupes, vous avez créé votre propre structure, votre startup avec vos associés, qu’est-ce que vous souhaitez aujourd’hui ? Quelle est votre ambition ? »

Jean-Marc Tassetto : « Notre ambition, c’est d’asseoir un leadership européen. Il y a un grand mouvement aux États-Unis avec des grands acteurs comme LinkedIn Learning, ce n’est pas rien, c’est Microsoft. Jack Ma, en Chine, a dit qu’il quittait les opérations d’Alibaba pour se consacrer à – devinez-quoi – l’éducation. Nous nous disons qu’il y a quand même un enjeu géostratégique. Est-ce qu’il y existe des géants européens ? Nous aimerions bien être le géant européen de la formation en ligne pour les entreprises. »

Stéphanie Coleau : « Qu’est-ce qui vous plaît dans le fait d’être entrepreneur, c’est le fait d’être plus libre ? »

Jean-Marc Tassetto : « Je suis un homme de Marketing, j’ai appris mon métier chez Danone, et j’ai toujours voulu mettre le client, en l’occurrence l’apprenant, au cœur. J’ai aussi toujours adoré passer de la vision stratégique à l’exécution. Seulement réfléchir, ce n’est pas très intéressant. Là nous avons une vision que nous partageons, que nous nourrissons, du terrain, de nos contradictions, de nos complémentarités, et puis, jusqu’à l’exécution, et de voir que des clients signent avec notre plateforme, voir que des apprenants sont très engagés, vont jusqu’au bout des cours, ça c’est un plaisir fou ! »

Stéphanie Coleau : « Merci beaucoup Jean-Marc Tassetto ! »

Jean-Marc Tassetto : « Merci ! »

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